Lundi 16 Juin 2003


ACTUALITE


Sports / Triathlon


Bargibant se balade, Lux se montre

Olivier Bargibant a donné la leçon hier à Dumbéa. Le leader de la sélection calédonienne a dominé de bout en bout les débats mais c’est Axel Lux (deuxième) qui a frappé les esprits en démontrant qu’il méritait sa place pour Fidji. Chez les féminines, Isabelle Boyer-Moulin, mal partie, s’est rattrapée pour finir très fort.

Axel Lux peut avoir les « boules ». On le comprend. Deuxième hier, troisième à Thio il y a quinze jours, le triathlète du CTNC est en grande forme. Mais il n’ira pas à Suva. Il conservait un mince espoir qui s’est envolé avec les déclarations des dirigeants locaux ayant arrêté leur sélection depuis dix jours. Hier, il a tout donné pour démontrer qu’il avait sa place. Si Olivier Bargibant a fait cavalier seul en tête, lui aussi n’a jamais été inquiété pour sa place de dauphin. Mieux, à mi-parcours cycliste, il comptait jusqu’à sept minutes d’avance sur Thierry Lecourieux, pourtant préféré à lui pour les Jeux. « Que les choses soient claires, il n’y a aucun problème entre Thierry et moi, soulignait-il à l’arrivée. Je dis seulement que le mode de sélection aurait dû davantage se porter sur les derniers résultats car je suis monté en puissance et je m’améliore à chaque sortie. » Pas facile de trancher et, connaissant son intégrité, on peut être assuré de l’impartialité de l’entraîneur Eric Becker dans ses choix. Reste un gros regret pour Axel Lux qui, hier, a creusé le plus gros écart avec Lecourieux (2 min. 20 sec.) depuis qu’il court.

Esposito beau joueur

A contrario, Olivier Bargibant ne quitte plus son sourire. Toujours jovial, le leader de la Coupe est monté d’un cran à deux semaines du départ pour les Fidji. « Je me sens bien et j’ai voulu tout donner, expliquait-il après en avoir fini avec sa course. Je ne sais pas me contenir, de toute façon ça ne sert à rien. Le triathlon veut ça. » Nullement affecté par son effort, il tenait à souligner que son chrono était en partie dû « aux conditions exceptionnelles » avec un beau soleil et un vent nul. Humble, il oublie de préciser qu’il était tout simplement au-dessus des autres. David Esposito (troisième) concédait ainsi qu’il n’y a « rien à faire quand il est dans cette forme ».

Petite frayeur pour Boyer-Moulin

En retrait en natation, Esposito est bien revenu en vélo et, surtout, en course à pied. Réduisant ainsi l’écart avec Lux mais trop tardivement pour lui griller la politesse comme à Thio.
Isabelle Boyer-Moulin, elle, ne s’est pas posé de questions. Forte d’un mental « à toute épreuve », elle s’est sortie d’une situation embarrassante pour remonter Emmanuelle Lo et Kandy Point, partie comme une flèche. Sur son vélo, son point fort, Boyer-Moulin a pris tous les risques pour laisser sur place ses deux adversaires et aurait pu davantage creuser l’écart « si (je) n’avais pas déraillé près de l’arrivée ». Une petite frayeur vite oubliée pour un final en roue libre. A quelques jours des Jeux, la voici donc bien affûtée tout comme Lo qui s’est elle aussi débarrassée de Point pour terminer à 2 min. 24 sec. de Boyer-Moulin.
Quant à Bénédicte Meunier, la troisième sélectionnée, elle n’était pas au départ comme annoncé car elle souffre d’une légère contracture à la cuisse.
Les dés sont désormais lancés pour les six triathlètes retenus. Ils ont maintenant quinze jours pour se préparer (lire par ailleurs) et arriver au top à Suva. Sans Patrick Vernay, retenu pour le championnat de France du 29 juin, les Calédoniens ont la pression mais savent que dans un bon jour, ils peuvent revenir au pays avec trois médailles d’or et un grand chelem inédit en trois participations.

En piste !
Depuis qu’il connaît le profil du parcours fidjien, Eric Becker a concocté un programme spécifique pour ses protégés. Inutile d’en rajouter en natation, celle-ci se fera en pleine mer que l’on annonce calme. Idem pour la course à pied avec aucune difficulté particulière. « C’est en vélo qu’on a changé les habitudes, note-t-il. Le parcours se fera en ville avec une petite côte de 400 m à grimper sept fois, et on attend beaucoup de relances avec un drafting interdit mais un règlement qui le permet pourtant (distances minimales de 5 m, NDLR). On a donc beaucoup travaillé sur le vélodrome pour se familiariser avec ces relances. » Les triathlètes « mangeront » donc encore de la piste durant les quinze jours à venir.

Stéphane Sisco
 



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Le plan d’eau tranchait singulièrement avec celui de Thio voici quinze jours.


 
ILS ONT DIT

• Olivier Bargibant (vainqueur) : « Je me sens très bien en ce moment.
Les conditions étaient aujourd’hui idéales pour un triathlon. Une eau calme, pas de vent à vélo et des zones d’ombre en course à pied.
Je n’ai absolument pas souffert même si j’ai voulu me donner à fond. Un triathlon se court comme ça de toute façon : à fond ! »

• Axel Lux (deuxième) : « Je suis cuit mais j’ai tout donné pour montrer mon niveau. Je n’avais rien à perdre donc je suis parti sur des bases rapides. Je pense même avoir terminé comme jamais en course à pied. Ça veut dire que je suis bien en ce moment.
Dommage que je ne sois pas dans la sélection pour les Jeux. Mais ce n’est pas moi qui décide... »

• David Esposito (troisième) : « Je continue à bien me placer sur les courses. Troisième ici, deuxième à Thio, je suis sur une bonne série. Autant j’aurais pu rejoindre Olivier (Bargibant) à Thio il y a quinze jours, autant là c’était impossible. Quand il est comme ça, il est imbattable.
On entre maintenant dans la préparation finale pour Suva.
On va doser les efforts sur les entraînements. Ni trop, ni pas assez. J’ai hâte d’y être et j’espère qu’on rapportera l’or par équipes. »

• Isabelle Boyer-Moulin (vainqueur dames) : « J’ai fais de gros progrès en natation, merci au CNN pour les cours ! J’étais bien en jambes en vélo mais j’aurais pu mieux faire si je n’avais pas déraillé.
J’ai aussi été gênée par une voiture pendant de longues minutes...
Mais bon, je m’en tire bien avec un bon chrono. Je suis en forme à quelques jours des Jeux d’où j’espère ramener une médaille. Ne serait-ce que pour la Calédonie où je suis née. »


 




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