Sports / Triathlon

Bargibant se balade, Lux se montre
Olivier Bargibant a donné la leçon hier à
Dumbéa. Le leader de la sélection calédonienne a dominé de bout en
bout les débats mais c’est Axel Lux (deuxième) qui a frappé les
esprits en démontrant qu’il méritait sa place pour Fidji. Chez les
féminines, Isabelle Boyer-Moulin, mal partie, s’est rattrapée pour
finir très fort.
Axel Lux peut avoir les « boules ». On le comprend. Deuxième
hier, troisième à Thio il y a quinze jours, le triathlète du CTNC
est en grande forme. Mais il n’ira pas à Suva. Il conservait un
mince espoir qui s’est envolé avec les déclarations des dirigeants
locaux ayant arrêté leur sélection depuis dix jours. Hier, il a tout
donné pour démontrer qu’il avait sa place. Si Olivier Bargibant a
fait cavalier seul en tête, lui aussi n’a jamais été inquiété pour
sa place de dauphin. Mieux, à mi-parcours cycliste, il comptait
jusqu’à sept minutes d’avance sur Thierry Lecourieux, pourtant
préféré à lui pour les Jeux. « Que les choses soient claires, il n’y
a aucun problème entre Thierry et moi, soulignait-il à l’arrivée. Je
dis seulement que le mode de sélection aurait dû davantage se porter
sur les derniers résultats car je suis monté en puissance et je
m’améliore à chaque sortie. » Pas facile de trancher et, connaissant
son intégrité, on peut être assuré de l’impartialité de l’entraîneur
Eric Becker dans ses choix. Reste un gros regret pour Axel Lux qui,
hier, a creusé le plus gros écart avec Lecourieux (2 min. 20 sec.)
depuis qu’il court.
Esposito beau
joueur
A contrario, Olivier Bargibant ne quitte plus
son sourire. Toujours jovial, le leader de la Coupe est monté d’un
cran à deux semaines du départ pour les Fidji. « Je me sens bien et
j’ai voulu tout donner, expliquait-il après en avoir fini avec sa
course. Je ne sais pas me contenir, de toute façon ça ne sert à
rien. Le triathlon veut ça. » Nullement affecté par son effort, il
tenait à souligner que son chrono était en partie dû « aux
conditions exceptionnelles » avec un beau soleil et un vent nul.
Humble, il oublie de préciser qu’il était tout simplement au-dessus
des autres. David Esposito (troisième) concédait ainsi qu’il n’y a «
rien à faire quand il est dans cette forme ».
Petite frayeur pour Boyer-Moulin
En
retrait en natation, Esposito est bien revenu en vélo et, surtout,
en course à pied. Réduisant ainsi l’écart avec Lux mais trop
tardivement pour lui griller la politesse comme à Thio. Isabelle
Boyer-Moulin, elle, ne s’est pas posé de questions. Forte d’un
mental « à toute épreuve », elle s’est sortie d’une situation
embarrassante pour remonter Emmanuelle Lo et Kandy Point, partie
comme une flèche. Sur son vélo, son point fort, Boyer-Moulin a pris
tous les risques pour laisser sur place ses deux adversaires et
aurait pu davantage creuser l’écart « si (je) n’avais pas déraillé
près de l’arrivée ». Une petite frayeur vite oubliée pour un final
en roue libre. A quelques jours des Jeux, la voici donc bien affûtée
tout comme Lo qui s’est elle aussi débarrassée de Point pour
terminer à 2 min. 24 sec. de Boyer-Moulin. Quant à Bénédicte
Meunier, la troisième sélectionnée, elle n’était pas au départ comme
annoncé car elle souffre d’une légère contracture à la
cuisse. Les dés sont désormais lancés pour les six triathlètes
retenus. Ils ont maintenant quinze jours pour se préparer (lire par
ailleurs) et arriver au top à Suva. Sans Patrick Vernay, retenu pour
le championnat de France du 29 juin, les Calédoniens ont la pression
mais savent que dans un bon jour, ils peuvent revenir au pays avec
trois médailles d’or et un grand chelem inédit en trois
participations.
En piste !
Depuis qu’il connaît le profil du parcours fidjien, Eric Becker
a concocté un programme spécifique pour ses protégés. Inutile d’en
rajouter en natation, celle-ci se fera en pleine mer que l’on
annonce calme. Idem pour la course à pied avec aucune difficulté
particulière. « C’est en vélo qu’on a changé les habitudes,
note-t-il. Le parcours se fera en ville avec une petite côte de 400
m à grimper sept fois, et on attend beaucoup de relances avec un
drafting interdit mais un règlement qui le permet pourtant
(distances minimales de 5 m, NDLR). On a donc beaucoup travaillé sur
le vélodrome pour se familiariser avec ces relances. » Les
triathlètes « mangeront » donc encore de la piste durant les quinze
jours à venir.
Stéphane Sisco
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 Le plan d’eau tranchait singulièrement
avec celui de Thio voici quinze jours.
| ILS ONT DIT
• Olivier Bargibant (vainqueur) : « Je me sens
très bien en ce moment. Les conditions étaient
aujourd’hui idéales pour un triathlon. Une eau calme,
pas de vent à vélo et des zones d’ombre en course à
pied. Je n’ai absolument pas souffert même si j’ai
voulu me donner à fond. Un triathlon se court comme ça
de toute façon : à fond ! »
• Axel Lux
(deuxième) : « Je suis cuit mais j’ai tout donné pour
montrer mon niveau. Je n’avais rien à perdre donc je
suis parti sur des bases rapides. Je pense même avoir
terminé comme jamais en course à pied. Ça veut dire que
je suis bien en ce moment. Dommage que je ne sois
pas dans la sélection pour les Jeux. Mais ce n’est pas
moi qui décide... »
• David Esposito
(troisième) : « Je continue à bien me placer sur les
courses. Troisième ici, deuxième à Thio, je suis sur une
bonne série. Autant j’aurais pu rejoindre Olivier
(Bargibant) à Thio il y a quinze jours, autant là
c’était impossible. Quand il est comme ça, il est
imbattable. On entre maintenant dans la préparation
finale pour Suva. On va doser les efforts sur les
entraînements. Ni trop, ni pas assez. J’ai hâte d’y être
et j’espère qu’on rapportera l’or par équipes.
»
• Isabelle Boyer-Moulin (vainqueur dames)
: « J’ai fais de gros progrès en natation, merci au CNN
pour les cours ! J’étais bien en jambes en vélo mais
j’aurais pu mieux faire si je n’avais pas déraillé.
J’ai aussi été gênée par une voiture pendant de
longues minutes... Mais bon, je m’en tire bien avec
un bon chrono. Je suis en forme à quelques jours des
Jeux d’où j’espère ramener une médaille. Ne serait-ce
que pour la Calédonie où je suis née.
»
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