Sports / Triathlon

La conquête de l’Est
Grande première samedi matin à Thio. Le village
minier de la Côte est a connu son premier « festival » triathlète
avec une victoire logique d’Olivier Bargibant auteur d’une «
chevauchée fantastique ». La manifestation a enregistré un franc
succès malgré le peu de participants. Qu’importe le tonneau, on a eu
l’ivresse d’un court-métrage en technicolor sur écran panoramique
qui a remporté le prix du meilleur décor.
• Le scénario. Un groupe de triathlètes engagés sur une
épreuve sprint conjuguant 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km
de course à pied. Entre mer et terre (de la plage d’Ouroué à la
plaine Balansa en passant par le village de Thio), il fallait
enchaîner les trois disciplines en une soixantaine de minutes pour
espérer graver son nom au palmarès de la première
édition.
• Le casting. Belle brochette d’acteurs en lice
pour le premier prix: Olivier Bargibant, Axel Lux, Thierry
Lecourieux... Chacun avait tenu à venir pour cette première mais
aussi pour marquer de précieux points pour la Coupe de Calédonie.
Chez les dames, une seule étoile mais pas n’importe laquelle :
Isabelle Boyer Moulin, la n°1 calédonienne. Emmanuelle Lo et
Bénédicte Meunier étant prises par leurs examens
universitaires.
• Le décor. Superbe. Entre le noir du
sable d’Ouroué, le vert du Pacifique, le rouge sang des montagnes et
le vert de la flore, on s’est senti très proche de la nature, et a
contrario très loin du bitume et du béton insignifiants de la
ville.
• Le tournage. La date retenue coïncidait avec un
très long week-end de l’Ascension. De fait, peu de triathlètes (26)
et un public maigrichon se sont retrouvés au gîte de Ouroué afin de
nager, pédaler et courir pour les uns, applaudir pour les autres. On
attend l’élaboration du calendrier de la saison 2004 pour sans doute
éviter de reproduire la même erreur qui, de toute façon cette année,
ne pouvait être évitée.
• Le réalisateur. L’équipe de la
Transthio au grand complet, soit une vingtaine de bénévoles issus du
village et des environs qui se sont mobilisés pour « répondre à une
demande du calendrier et de la ligue », dixit le président du club
Yannick Kaddour. Auteur de trois compétitions annuelles d’envergure
(trail, raid VTT et 10 km), l’association a l’expérience de ce type
de manifestations.
• Le producteur. La ligue
calédonienne a créé l’événement en demandant au club omnisports de
Thio de lui confectionner une manifestation collant au mieux à la
particularité géographique de la région. Elle lui a apporté son
soutien inconditionnel notamment en fournissant les commissaires de
courses et la voix d’Yvan Philizot.
• La critique. Bien
mais peut mieux faire. Boostés par l’envie des triathlètes de
découvrir une nouvelle épreuve, les organisateurs ont prouvé leur
savoir-faire mais vont devoir revoir leur copie pour proposer une
course davantage attractive pour celles et ceux qui n’ont pas voulu
faire les deux heures de route depuis Nouméa pour se rendre chez
eux.
• La suite. L’épisode 2 est d’ores et déjà une
certitude pour l’équipe de la Transthio qui espère avoir séduit la
ligue et les participants. Resteront à trouver les moyens financiers
et humains pour poursuivre l’aventure. La volonté du club
organisateur sera alors d’ouvrir la manifestation à toutes les
catégories.
Stéphane Sisco
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 Les conditions difficiles en mer ont
facilité le parcours des meilleurs qui ont vite creusé l’écart avant
d’entamer la partie cycliste.
| Le film de la
course
Une mer déchaînée, un fort vent (20 nœuds) de
sud-ouest, un soleil de face. Pas facile de s’élancer
dans l’eau dans de telles conditions ni même de viser la
bouée de contournement avec précision. D’ailleurs, le
peloton rate un peu son départ mais très vite, Olivier
Bargibant et Axel Lux se détachent. A mi-course, ils
comptent 50 mètres d’avance et sortent de l’eau (11
min.) presque ensemble suivis par un groupe emmené par
David Esposito. A vélo, les deux hommes ne se quittent
pas, Bargibant profitant des qualités cyclistes de Lux
pour relancer en permanence et se maintenir en tête.
Mais ce dernier connaît des soucis mécaniques (rayons
cassés) et accuse le coup. Dès l’entame de la dernière
partie du triptyque, Bargibant scotche Lux, accélère
l’allure et se porte seul devant. Il s’impose en 1 h 01
min 56 sec. Derrière, Esposito grille Lux pour lui
chiper la place de dauphin sans jamais avoir pu disputer
la première à Bargibant. Lux, totalement cuit par un
dernier effort, préserve difficilement son podium. La
première féminine, Isabelle Boyer Moulin, est neuvième
au scratch, à plus de 10 minutes du
vainqueur.
« Je reviendrai
»
Quelques minutes après avoir franchi en
vainqueur la ligne d’arrivée et savouré son nouveau
succès, Olivier Bargibant souffle qu’il reviendra l’an
prochain car « le cadre était vraiment sympa » même si
en natation « ça bougeait pas mal ». Certains nageurs
moyens ayant d’ailleurs émis l’idée d’annuler la partie
nautique et de transformer l’épreuve en duathlon... Pas
le sociétaire de l’Olympique de Nouméa qui avait,
certes, « l’avantage de nager sans combinaison ». A
vélo, il s’est appuyé sur Axel Lux « qui m’a bien aidé »
avant de s’envoler en course à pied « même si ce n’est
pas mon point fort ». Une victoire, un cadre plaisant,
une organisation « nickel » (ça coule de source), le
leader de la coupe de Calédonie qui espère « avoir
obtenu (ma) sélection pour les Jeux de Suva (décision
aujourd’hui, Ndlr) », a tout de suite resigné pour l’an
prochain en lançant : « je reviendrai car c’est vraiment
un triathlon à reconduire ». L’organisation n’attendait
pas meilleur
compliment.
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