Sports : Triathlon
vendredi 11 mai 2001
 
          

Après le championnat sprint de Poé, Patrick Anewy sera, dimanche, au départ de son 16e Triathlon International de Nouméa (Photo Vincent Hoareau). Après le championnat sprint de Poé, Patrick Anewy sera, dimanche, au départ de son 16e Triathlon International de Nouméa (Photo Vincent Hoareau).
 
TRIATHLON
Anewy n'a pas fini de se faire plaisir...
A 42 ans, Patrick Anewy est le seul Calédonien à avoir disputé toutes les éditions du triathlon international de Nouméa, qui a succédé à celui du Soleil. Le plus jeune des vétérans prendra son 16e départ, dimanche matin, à l'Anse-Vata. Et, toujours avec un enthousiasme intact.

Qu'est ce qui fait encore nager, pédaler et courir « Mike » Anewy, figure emblématique du triathlon depuis quinze ans ? Le plaisir de se retrouver entre copains à l'entraînement ? Les montées d'adrénaline pendant les compétitions ? La rage de vaincre à tout prix ? C'est un peu un mélange de toutes ces sensations. « Je me sens bien dans ma peau et dans mes baskets », explique le sociétaire de l'Olympique. « J'aime avant tout l'ambiance qui règne entre sportifs. Tant que j'éprouve du plaisir à pratiquer la discipline, je continue. Bien sûr, je prends toujours le départ en espérant faire le mieux possible. Si je gagne, tant mieux... Mais je ne me prends pas au sérieux », ajoute le fils de l'ancien champion de France de boxe (François Anewy).
Les choses ont le mérite d'être claires. Le chef d'entreprise (entretien de piscine), a horreur de se prendre la tête même s'il avoue ressentir un peu de stress la veille d'une épreuve. Mais, il est toujours tranquille et Serein.

Prendre sa revanche à Hawaï

Pourtant, il en a disputé des triathlons, dont trois championnats du monde (par catégories d'âges), depuis un certain dimanche de... 1986.
« A l'issue d'un pari avec un copain cycliste, j'ai disputé mon premier tryptique sans savoir ce que c'était. On m'a prêté un vélo, trop petit pour moi et j'ai fini dans le coma. J'étais mort. Mais j'ai attrapé le virus et j'ai acheté un cycle le lendemain, » raconte t-il, en rigolant.
Aujourd'hui, il veut prendre sa revanche dans l'Ironman d'Hawaï. Une épreuve qu'il a disputée l'an passé, sans pouvoir la terminer. « Au 15e km, à pied, j'étais en apnée totale. J'étais couché sur le coaltar et j'ai dû abandonner », précise celui qui a beaucoup de respect pour Papy Fisiilimoli (54 ans). « J'espère bien être aussi en forme que lui à son âge. Il est doté d'une volonté extraordinaire, c'est vraiment une bête ! »

Dans une bonne ambiance

Papa d'une petite fille de 7 ans, « Mike », comme le surnomment ses copains depuis un fameux séjour aux Etats-Unis, s'offre de temps en temps une bouffée d'oxygène à l'étranger mais toujours en sportif.
« Certains triathlètes devraient aller se mesurer à l'extérieur. ‚a calmerait tout de suite ceux qui se prennent trop au sérieux », estime t-il. « Rien de tel pour remettre les pendules à l'heure. Il ne faut pas se leurrer, en Calédonie, nous avons un petit niveau qui reste régional. Seul Patrick Vernay a réussi à sortir du lot... ».
Il ne se ménage pas pour autant et s'entraîne plus de quatre heures par jour, avec ses potes du Centre d'entraînement, Lux, Bargibant, Laigle et Esposito. Sous la houlette de l'expérimenté Eric Becker qu'il juge « sympathique et très compétent ». « C'est un vrai plaisir d'aller à l'entraînement et pourtant des fois, on se fait très mal. »
« Dopé » à l'effort physique, Patrick Anewy avoue avoir besoin de se dépenser pour bien dormir. « C'est ma drogue, mon équilibre... » explique le champion vétéran (sprint) qui regrette, parfois, qu'« il n'y ait pas assez de contrôle antidopage inopiné ». Juste histoire de faire taire les rumeurs !
 
Viviane Béhar
viviane.behar@lnc.nc
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