Qu'est ce qui fait encore nager, pédaler et courir « Mike » Anewy,
figure emblématique du triathlon depuis quinze ans ? Le plaisir de
se retrouver entre copains à l'entraînement ? Les montées
d'adrénaline pendant les compétitions ? La rage de vaincre à tout
prix ? C'est un peu un mélange de toutes ces sensations. « Je me
sens bien dans ma peau et dans mes baskets », explique le sociétaire
de l'Olympique. « J'aime avant tout l'ambiance qui règne entre
sportifs. Tant que j'éprouve du plaisir à pratiquer la discipline,
je continue. Bien sûr, je prends toujours le départ en espérant
faire le mieux possible. Si je gagne, tant mieux... Mais je ne me
prends pas au sérieux », ajoute le fils de l'ancien champion de
France de boxe (François Anewy).
Les choses ont le mérite d'être claires. Le chef d'entreprise
(entretien de piscine), a horreur de se prendre la tête même s'il
avoue ressentir un peu de stress la veille d'une épreuve. Mais, il
est toujours tranquille et Serein.
Prendre sa revanche à Hawaï
Pourtant, il en a disputé des triathlons, dont trois championnats
du monde (par catégories d'âges), depuis un certain dimanche de...
1986.
« A l'issue d'un pari avec un copain cycliste, j'ai disputé mon
premier tryptique sans savoir ce que c'était. On m'a prêté un vélo,
trop petit pour moi et j'ai fini dans le coma. J'étais mort. Mais
j'ai attrapé le virus et j'ai acheté un cycle le lendemain, »
raconte t-il, en rigolant.
Aujourd'hui, il veut prendre sa revanche dans l'Ironman d'Hawaï.
Une épreuve qu'il a disputée l'an passé, sans pouvoir la terminer. «
Au 15e km, à pied, j'étais en apnée totale. J'étais couché sur le
coaltar et j'ai dû abandonner », précise celui qui a beaucoup de
respect pour Papy Fisiilimoli (54 ans). « J'espère bien être aussi
en forme que lui à son âge. Il est doté d'une volonté
extraordinaire, c'est vraiment une bête ! »
Dans une bonne ambiance
Papa d'une petite fille de 7 ans, « Mike », comme le surnomment
ses copains depuis un fameux séjour aux Etats-Unis, s'offre de temps
en temps une bouffée d'oxygène à l'étranger mais toujours en
sportif.
« Certains triathlètes devraient aller se mesurer à l'extérieur.
‚a calmerait tout de suite ceux qui se prennent trop au sérieux »,
estime t-il. « Rien de tel pour remettre les pendules à l'heure. Il
ne faut pas se leurrer, en Calédonie, nous avons un petit niveau qui
reste régional. Seul Patrick Vernay a réussi à sortir du lot...
».
Il ne se ménage pas pour autant et s'entraîne plus de quatre
heures par jour, avec ses potes du Centre d'entraînement, Lux,
Bargibant, Laigle et Esposito. Sous la houlette de l'expérimenté
Eric Becker qu'il juge « sympathique et très compétent ». « C'est un
vrai plaisir d'aller à l'entraînement et pourtant des fois, on se
fait très mal. »
« Dopé » à l'effort physique, Patrick Anewy avoue avoir besoin de
se dépenser pour bien dormir. « C'est ma drogue, mon équilibre... »
explique le champion vétéran (sprint) qui regrette, parfois, qu'« il
n'y ait pas assez de contrôle antidopage inopiné ». Juste histoire
de faire taire les rumeurs !
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